Publié dans La Provence le jeudi 9 août 2007 à 10H28


Aviotte place la danse "Entre le ciel et l'eau"



 Depuis six ans, Jean-Pierre Aviotte investit Cathédrale d'Images pour des invitations dansées dans le monde de l'imaginaire comme, ici, en 2005 avec "Le rendez-vous". 

 © ARCHIVES LA PROVENCE 


La danse nous fait découvrir l'invisible, elle transforme l'invisible en visible". Depuis six ans, le chorégraphe Jean-Pierre Aviotte a trouvé l'écrin idéal de ses mondes enchanteurs. Chaque été, il pénètre les fabuleuses galeries de pierres des Baux pour y libérer ses visions imaginaires. L'heure de célébrer, Fantaisies, Le rendez-vous et désormais, jusqu'au 11 août, sa dernière création Entre le ciel et l'eau.


Des amis sont réunis sur le pont d'un bateau. Ils se raconten t: leur vie, leurs émois, leurs souvenirs, leurs rêves... celui d'un danseur, adossé à la rambarde, qui voit apparaître dans les nuages le Nu Bleu de Matisse... Dans une succession de volutes et d'images ondoyant sur les murs taillés de Cathédrale d'Images, les danseurs de sa Cie, Commun-Instant, invitent à basculer dans cet autre monde où l'onirisme triomphe. La danse se veut alors pure et précise, habile et athlétique.


Danseur étoile en 1983, directeur artistique de la Laterna Magika de Prague depuis 1996 au côté du Professeur Svoboda (inventeur du concept de l'image totale), Jean-Pierre Aviotte se distingue, en effet, par sa grande fantaisie. Ses spectacles mêlent danse, acrobatie, musique et images, dans un souci d'émerveillement du public. Cette année, et pour la première fois, le chorégraphe invite une compagnie franco-canadienne, La Parenthèse, du 12 au 14 août.


Dans le théâtre de pierres, la formation de Christophe Garcia, qui vit et travaille à Marseille et Montréal, présente trois pièces : L'heure du bain, Boléro sur la partition de Ravel et Les rêveuses.


Cie Commun-Instant jusqu'au 11 août à 21h30. Cie La Parenthèse du 12 au 14 août à 21h30. Tarifs 29€ (plein), 25 (réduit, groupe de 10 pers. et plus), 19€ (enfants 8 à 16 ans). Rés. 06 33 54 16 92.


Par Annabelle Kempff ( redaction@laprovence-presse.fr )


 
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Publié dans La Marseillaise le 8 août 2007


Culture. La compagnie Commun-Instant évolue jusqu'au 11 août dans le cadre majestueux de la Cathédrale d'Images


Entre le ciel et l'eau,

la danse…


« La chute est mortelle » prévient le chorégraphe. et maître d'œuvre de la compagnie Commun-Instant, actuellement en représentation à la Cathédrale d'Images des Baux de Provence.

Une assertion qui n'a rien d'une menace de la part de l'artiste - à fortiori lorsqu'il est danseur-chorégraphe - mais qui rappelle la fragilité de tout être, par essence intermittent, de la vie comme de la création ...

«Entre le ciel et l'eau» pourrait . bien être de ces pièces, dans le droit fil de la philosophie portée par Jean-Pierre Aviotte (le chorégraphe). prônant la fragilité contre la certitude, la poésie Contre le dogmatisme et la liberté (en ce qu'elle peut ouvrir comme « région insolite .», pour reprendre le poète Paul Celan cité par Aviotte) contre la souveraineté, qui peut être, du moins pour la· philosophe Annah Arendt qui en connaissait un· bout sur le sujet, une autre forme de tyrannie: Mais cessons de. gloser pour nous intéresser de plus près au spectacle composé par l'ancien danseur étoile, passionné, on le devine, par le mouvement - mais aussi le mouvement à hauts risques.

« La danse nous fait découvrir l'invisible. Elle transforme l'invisible en visible. Elle fait naître physiquement. les pensées, mais aussi les conversations des personnages. Le spectacle est poétique, chaque danse est suscitée par une phrase qui entraîne les danseurs vers une dimension où les corps semblent ne plus être soumis aux lois de l'attraction terrestre ». Tel est le leitmotiv de la chorégraphie conçue par Jean-Pierre Aviotte. D'où son titre, logique: « Entre le ciel et l'eau»... . .

Fidèle à la démarche entreprise par la Cathédrale où le sens du partage n'est pas un vain mot, la compagnie Commun Instant a  invité celle de La Parenthèse à présenter ses dernières créations. Ainsi, à compter du 12 août et pour trois soirées, cette dernière présentera trois pièces chorégraphiques: « L'heure du bain », « Boléro» et'« Les rêveuses ».

Une belle immersion d'un art à la fois brut et inspiré, au sein d'un lieu qui ne l'est pas moins. S.B

Publié dans La Marseillaise le 10 août 2007


Danse. La  Cathédrale d'lmages des -Baux de Provence accueille

jusqu'au 14 août, "Entre le ciel et l'eau", de la compagnie "Commun-Instant"


L'amour mène le ballet,

la danse amène l'émotion




Le splendide cadre des carrières de pierre, à mi-chemin entre les entrailles de la terre et des étoiles des Félibres est un lieu d'expérimentations pas toujours volontaires. Samuel Bester, le grand manitou de l'image au service de la chorégraphies de Jean Pierre Aviotte depuis quelques spectacles avoue avoir dû remanier quelques séquences vidéos quand il n'a pas fallu en modifier carrément l'ordre. "L'asymétrie des pans de carrière qui délimitent la scène changent la perception qu'a le public de l'image" explique le vidéaste. Lorsque pour le spectacle d'Aubagne (Lors des premières représentations en automne 2006, ndlr) on voyait des simples images d'une scène balnéaire, la texture de la pierre de Fontvieille m'a forcé à rajouter des effets et cela penche plus vers le kaléidoscope alors qu'au départ, un fond de scène homogène faisait plutôt cinémascope". Le  script de la représentation est assez simple: 5 amis se retrouvent sur le pont d'un bateau en fin d'après-midi. Puis, les danseurs commencent à dérouler le fil de la soirée et de ses petits événements qui l'émaillent. "On fait le fanfaron, des liens naissent des petits moments qu'on peu avoir dans une soirée entre amis" raconte Frédéric. L'idée vient du chorégraphe Jean-Pierre Aviotte. "Au bout d'un moment, je demande à mes danseurs d'oublier ce que je leur ait dit. Ils doivent s'approprier la chorégraphie". Lui qui compose sans jamais. oublier que "chaque phrase suscite un mouvement " comme Ie dit dans le deuxième interlude de son spectacle. l'histoire que racontent les mouvements est aussi une histoire de rencontres. Pour Frédéric Hourtané, danseur venu du classique, "c'était l'occasion de s'éclater dans un groupe lié jusqu'à l'osmose". Rien que ça ! Il faut dire que l'unité du groupe sur scène cache en fait une grande variété de profils. Sylvie Rolland vient de la GRS. C'est elle qui effectue des exercices que ne renierait pas un circassien, à se contorsionner gracieusement dans ses duos avec Mathieu Armand, ex-champion de gym qui explore ainsi un univers autre que les tatamis. Comme s'ils étaient les prisonniers d'un bateau au large, les cinq danseurs se partagent l'espace tour à tour en chorégraphies d'ensemble, en duos ou solos. Chacun s'échangent les chaises et transats disposés dans le décor mouvant des projections rupestres qui évoquent le large, partagé par la ligne d'horizon. Le ton s'enflamme comme par hasard à la tombée de la nuit où les duos s'effectuent volontiers au sol, dans des enchaînements qui peuvent paraître crûs sans pourtant lâcher le fil de la poésie. L'amour est triomphant lorsque M. le metteur en scène,  qui rejoint souvent sa troupe sur scène, entame un tango "non-académique" avec Suzana Bilkova, sa passionata sur scène comme à la ville. Sous le regard bienveillant des autres danseurs et ... charmé du public. Plus tard, le jeu du "fuis-moi je te suivrais" est interprété alternativement par Mathieu et Sylvie, autour d'une table qui devient ainsi un miroir aux sentiments.

Le premier interlude scandé par la voix off de Jean-Pierre Aviotte est un texte intitulé "Je suis un interlude, intermittent funambule" qui oscille entre le lyrisme nécessaire à l'artiste pour le maintenir en création et la dure réalité des intermittents du spectacle qui savent de moins en moins comment nourrir leurs enfants. Ses deux gosses, sa mère et sa muse Tchèque partagent déjà son quotidien du saltimbanque de l'interlude "sur un fil perché ( ... ) ce fil de rasoir qui met à nu le danseur interlude, en fait un virtuose de l'incertitude" .


SEBASTIEN BESATTI

 

Publié dans La Provence le 13 août 2007



LES BAUX-DE-PROVENCE / Un festival qui fait la part belle aux créations


Mariage entre danses

et images au Val d'Enfer


Depuis sept ans, le chorégraphe Jean-Pierre Aviotte s'installe chaque été au cœur même des Alpilles, dans le site majestueux du Val d'Enfer et de Cathédrale d'Images pour y présenter ses dernières créations. Après le succès du dernier spectacle « Rendez-Vous » qui avait séduit un large public, il a mis au point cette année un programme original. Il s'agit en effet, d'une double performance artistique avec d'une part, la conception d'un nouveau ballet intitulé "Entre le Ciel et l'Eau" interprété par sa compagnie Commun Instant, et d'autre part, l'invitation d'une formation chorégraphique franco canadienne "La Parenthèse", qui dansera jusqu'à demain, trois pièces écrites par Christophe Garcia, "L'heure du Bain", "Bolero" et "Les Rêveuses".


Le monde onirique de Jean-Pierre Aviotte

Ce chorégraphe définit comme un "classique contemporain", a entraîné une fois de plus le public, avec sa création "Entre le Ciel et l'Eau", dans un monde onirique qui mêle les disciplines de la danse et de l'image. Il maîtrise à merveille ce concept unique qui permet au spectateur de s'échapper du réel, pour atteindre celui du rêve et de la poésie. Dans le cadre somptueux des carrières de pierre du Val d'Enfer, les corps des danseurs se nimbent de la luminosité et des couleurs des images projetées et semblent ainsi ne plus être soumis à l'attraction terrestre. Cette année, Jéan-Piérre Aviotte a réuni ses danseurs sur le pont d'un bateau, pour un embarquement vers les émotions et les souvenirs. Un amour' éphémère qui revit, un désir qui renaît... Sans oublier le clin d'œil du créateur au statut du danseur: un saltimbanque sur un fil, un intermittent qui danse sa vie!


La double culture de Christophe Garcia

Danseur de formation, initié aux arts du théâtre, du chant et de la musique, ce chorégraphe qui est l'invité d'Aviotte dans le cadre du festival de danse à Cathédrale d'Images, s'est dirigé vers des créations qui associent danse contemporaine et théâtre. Après un passage remarqué au Béjart Ballet de Lausanne, il a fondé sa compagnie "La Parenthèse " . Il vit simultanément entre la Franc et le Québec. Pays où il met au point de nouvelles créations à la dimension internationale. Actuellement en résidence aux Baux!


B.O




Publié dans La Provence en août 2007


Comme un instant de magie…


Il en connaît presque chaque recoin, il a probablement caressé chaque pierre calcaire de la caverne qui abrite Cathédrale d'Images. Chorégraphe, et danseur, Jean-Pierre Aviotte l'insatiable chercheur, artiste du corps et du verbe propose une fois encore sa création au cœur de la Vallée des Baux avec sa compagnie « Commun Instant ». « Entre le, ciel et l'eau» est son thème. Les corps vont se muer, épousant la surface d'une mer déchaînée, des acteurs danseurs qui se confient ou se referment dans leur pensée. Un moment magique et onirique dans ce cœur d'été provençal à apprécier à Cathédrale d'images.

Jean-Pierre Aviotte, déplace une fois encore la scène, après avoir utilisé différentes parties de l'édifice et en avoir étudié chaque parcelle, le chorégraphe, ancien danseur du ballet National investit un autre espace : « Je veux découvrir une nouvelle perspective. Ce méandres de Cathédrales d'Images, exploiter son potentiel » explique Jean-Pierre.

Six danseurs vont donc fouler la pierre blanche, scène éphémère transformée en bateau et se confier à nous spectateurs, avec cet objectif de nous emporter dans une vague d'utopie. « C'est un voyage dans les pensées qui se matérialisent par la danse qui reste évidemment l'élément moteur. J'ai ait une grosse recherche chorégraphique. Mon travail n'est pas codifiable, j'essaie de capter l'émotion qu'un mouvement va suggérer » pour le chorégraphe. L'invisible se réalise, la chimère devient réelle dans un décor imaginé, une Nuit Bleue à la Matisse, un spectacle total, où l'art, la parole, le son résonnent sur la pierre (créé in situ), les images tapissant les murs, un plongeon dans un univers où le spectateur se prend à rêver.

Pas d'acrobatie cette fois, l'équipe de Commun Instant a rangé son baudrier, pour un  moment épuré où seule la danse est invitée. Jean-Pierre Aviotte sait aussi bien écrire une chorégraphie qu'un texte où poésie et argument politique s'accordent avec quelques citations de Paul Valéry entre autres. « J'ai écrit un texte, de quelques minutes qui relate la vie d'un funambule, les inquiétudes d'un artiste intermittent du spectacle, qui né sait jamais si demain il aura de quoi vivre, c'est un peu ma vie. J'ai voulu aborder cette insécurité pesante. Ce n'est pas facile de nos jours d'être créatif quand on est toujours dans le questionnement » confie Jean-Pierre Aviotte, 47 ans, père de deux enfants.

Il a attrapé le virus de la danse tout petit lors d'une fête des écoles, « je ne sais pas si je suis tombé amoureux de la fille en tutu, mais le soir je demandais à mes parents de m'inscrire dans un cours de danse ». Il s'est donc exercé. Mais ce féru de sport extrême s'est tout d'abord consacré au ski nautique, à toutes sortes de pratiques où l'adrénaline est constamment sollicitée, « j'ai été champion, participant à de nombreuses compétitions. A 17 ans j'ai arrêté, je l'avais programmé ainsi, à ce moment je ne me suis consacré qu'à la danse ».

Brillant danseur du Ballet National, sous la baguette de Roland Petit. Il fait ses gammes, apprend vite et crée une petite chorégraphie, se distingue et démissionne pour vivre sa propre histoire de création et de passion pour la danse. « A l'époque je gagnais très bien ma vie, ça n'a pas été facile de frapper aux portes, sans avoir de nom ». Il prend tout de même la direction de la Lanterne Magique a Prague, et face à l'absence de prise de risque à à la fébrilité des dirigeants, il démissionne une fois de plus et monte la compagnie Commun Instant. C'est à ce moment qu'il rencontre Anne Plécy, ancienne directrice de Cathédrale d'Images qui lui offre son lieu comme autel d'expression. Et depuis sept ans,Jean-Pierre Aviotte nous fait rêver en utilisant un des plus beaux arts, l'expression corporelle magnifiée par une conception moderne dans un décor exceptionnel.


SARAH MAURIERES



Jean-Pierre Aviotte chorégraphe de la compagnie Commun Instant